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Le savoir en tant que fille, c’est un peu notre force !

Myriam, jeune femme en contrat d’apprentissage, travaille depuis la rentrée chez Sylvagreg, entreprise tourquennoise de gros œuvre du bâtiment. Elle prépare, à l’université de Valenciennes, une licence professionnelle pour devenir « chef de chantier à court terme et peut être conductrice de travaux par la suite ». Et afin de se donner les moyens d’exercer ce métier dans l’avenir, d’acquérir de l’expérience, elle n’hésite pas à travailler sur le terrain.

Qu’est-ce qui vous attire dans les métiers du bâtiment ?
La construction, une maison, un hôpital .., le mode opératoire de la construction, son organisation. J’ai toujours été attirée, mon grand père était maçon, j’ai beaucoup bricolé avec mon père.
Et puis l’avantage de choisir le secteur du bâtiment c’est qu’on peut poursuivre différentes directions et aller où l’on veut. Ainsi je vais essayer différents postes de travail et je choisirai ce qui me plaît le plus. Aujourd’hui j’accompagne le chef d’équipe, nous discutons ensemble des problèmes posés et je travaille avec les ouvriers en maçonnerie la dalle.
Echaffaudage Demain, si Sylvagreg ne m’embauche pas, je tenterai l’IUFM pour enseigner les métiers de la construction. J’aimerais beaucoup enseigner. Pour avancer, l’important aujourd’hui est d’acquérir de l’expérience de terrain.

Que pourriez vous dire à d’autres femmes qui hésiteraient à emprunter le même chemin que vous ?
Notre présence peut amener la mixité et changer les mœurs. Faut montrer qu’une femme est et peut être partout, pas seulement au fourneau.
On n’est pas moins forte que les hommes. Tout ça se passe dans la tête. Si on le veut, on peut arriver à tout.

En tant que conductrice de travaux, le plus difficile n’est-ce pas de se faire reconnaître par les membres de l’équipe ?
Dans le bâtiment, il ne faut pas seulement de la force physique il faut aussi être compréhensive vis-à-vis des collègues, il faut savoir parler avec les ouvriers. Ici sur les problèmes de chantier on discute ensemble ; on est un groupe.
Si on montre qu’on est capable, on se fait entendre. Mais il faut se montrer capable dès les premiers instants... mais pas capable sur le plan physique, non surtout capable sur le plan intellectuel. J’ai su prouver que je savais, j’ai pu montrer les connaissances que j’avais acquises, les hommes de l’équipe respectent cela. Sur un chantier, l’important est de ne pas rester les mains dans les poches. D’ailleurs souvent avec les connaissances on fait plus vite qu’avec la force sans réflexion. Le savoir, en tant que fille, c’est un peu notre force !

Aujourd’hui, il y a des campagnes pour promouvoir la place des femmes dans le bâtiment, qu’en pensez-vous ?
Je connais les campagnes de la FFB, dans mon ancien lycée, il y avait une professeur, elle mettait leurs affiches partout, des photos de femmes dans les métiers du bâtiment.
Ce qui me choque c’est au niveau scolaire, au collège, on ne nous dit rien sur les métiers techniques, alors si on n’a pas une idée dessus, on ne peut jamais en avoir. On pousse vers l’enseignement général et de ce fait on fait tous pareil, psycho.. des choses comme ça.
Pourquoi la FFB ne vient-elle pas dans les collèges montrer aux filles et aux garçons que leurs métiers sont ouverts et qu’on peut faire des études et ainsi progresser et bien gagner sa vie ?
Au début, je voulais être architecte, à l’école, on m’a dit de faire STI génie civil. Ce n’est pas vrai. Heureusement que j’aime le bâtiment..

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