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L’électricité parce que tu touches à tout.

J’ai commencé à travailler à 16 ans dans le nettoyage industriel. Au bout de 7 ans, j’ai demandé un congé d’éducation parental de 3 ans. Au retour, je n’avais plus ma place. J’avais toujours eu envie de faire un métier d’homme. L’Anpe m’a adressé au Corif pour définir un projet. Suite aux enquêtes professionnelles dans les entreprises du bâtiment, j’ai réalisé une semaine de découverte des métiers techniques au CEFTI pour valider mon projet d’électricienne en bâtiment.

Illustration FeTe - BourgogneQuel a été votre parcours jusqu’à ce jour ?
Il y avait les métiers de la métallurgie, de la soudure, de l’électricité et de la maintenance industrielle. J’ai retenu l’électricité parce que tu touches à tout, les possibilités de travail sont plus larges alors que la soudure, la métallurgie ou la maintenance industrielle c’est trop statique . Pour moi, tu es debout devant ton poste de travail toujours au même endroit tous les jours. Je me suis dit que passer un BEP pour se retrouver devant une machine, c’est trop bête.

Comment s’est passée votre formation ?
Au début, c’était très dur...parce que j’ai arrêté en 5ème . Je me suis accrochée. Le plus important, c’est de bien comprendre les premiers cours et ne pas hésiter à demander des explications. Les formateurs nous réexpliquent ; il suffit de demander. Le reste, ça vient tout seul ...en faisant on cherche à comprendre et les cours sont complémentaires avec ce que je fais en entreprise.

Vous évoquez l’alternance en entreprise. Pourriez-vous me parler de vos démarches pour trouver une entreprise d’accueil dans le bâtiment ? Comment s’est passée votre intégration ?
J’ai d’abord effectué un stage pratique dans une entreprise qui installe des alarmes. Le travail m’intéressait moyennement car trop répétitif.
Pendant la qualification, j’avais environ 2 mois et demi de pratique en entreprise. J’ai orienté mes recherches vers les entreprises de bâtiment. J’ai fait quelques demandes écrites puis comme il y avait un chantier de rénovation en face de chez moi... j’y suis allée et je me suis présentée. Le patron m’a dit « OK mais on fait de tout ici : on travaille en équipe, il faut savoir donner des coups de main même si ce n’est pas de l’électricité ». J’ai dit que ça ne me dérangeait pas et qu’au contraire c’est ce qui m’intéressait.
Je me suis donc retrouvée la seule femme, stagiaire électricienne, dans une équipe d’hommes. L’entreprise d’Hellemmes fait beaucoup de rénovation de bâtiment. L’équipe se compose d’un plaquiste, d’un carreleur, d’un peintre et d’un ouvrier polyvalent, plus le chef de chantier qui touche à tous les corps de métier.
Au début, les collègues me charriaient un peu. Quand je montais à l’échelle ou sur un échafaudage, ils me disaient « tu serais mieux en jupe ». Cela ne me gêne pas. Il ne faut pas faire attention au jargon des garçons. Ils sont directs mais si on sait être ferme, ils savent rester à leur place. Et le boulot c’est le boulot. Sur un chantier, ça ne manque pas. Je ne me suis pas mise à part. Le midi, on mangeait ensemble et ça s’est vraiment bien passé.
Je me souviens qu’au début, ils avaient tendance à me passer le balai quand il fallait débarrasser la pièce où on avait travaillé. Mais, je leur ai tout de suite dit : on partage les tâches, toutes les tâches et tout le monde a participé. C’est normal, sinon c’est plus une équipe.

Pensez-vous qu’il existe des inconvénients pour une femme à exercer ce métier ?
Dans le bâtiment, quand je suis en entreprise je m’arrange pour être nature, jean’s, baskets...j’attache mes cheveux et je suis sans maquillage...je me rattrape le week-end. Ça ne me gêne pas, ça fait partie du métier. Si j’avais voulu être secrétaire, j’aurais travaillé ma présentation mais ça ne me tente pas...ça ne bouge pas assez.

Que comptez-vous faire à l’issue de votre BEP ?
Le BEP électricité, c’est suffisant pour travailler en milieu industriel ; je souhaite rester dans le bâtiment. Je vais donc entamer le bac pro électricité au CEFTI et continuer par le biais d’un contrat de qualification adulte. Dans quelques années, j’aimerais m’installer.

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