retour page d'accueil

La tôle, c’est lourd à transporter pour les hommes comme pour les femmes !

A 42 ans, Martine prépare son BEP chaudronnerie (tôle mince) à l’AFPA. Ses atouts : de la volonté et de la motivation !

Quel a été votre parcours professionnel ?
Portrait de Martine à l'atelier
J’ai commencé à travailler dans la dentelle. Au départ, je n’étais pas trop dégourdie pour ce métier.... Rapidement, j’ai arrêté pendant 10 ans pour élever mes enfants.
J’ai repris mes études à 33 ans. Là, je me suis occupée de moi-même. J’ai pris des cours du soir en anglais en plus d’une remise à niveau qui n’était pas rémunérée au Greta de Calais pour travailler dans le commerce. Ensuite, j’ai commencé à travailler comme hôtesse de caisse. Moi c’est ce qui me touche, c’est le relationnel. J’aime les gens avant tout. J’ai travaillé à Continent puis à Carrefour ; mais après quelques années, j’en avais marre du surcroît de travail ... ma vie de famille en a souffert.
Après, j’ai fait pas mal de métiers différents (vente directe, secrétariat ..) mais ce que je voulais surtout c’est évoluer...

Comment êtes-vous venu au métier de chaudronnière ?
Je me suis retrouvée au chômage juste au moment de mon divorce en début 2000. Pendant 18 mois j’ai été obligée de rester sans emploi pour l’équilibre de mes enfants. Alors j’ai fait le point de ma vie et de mon futur professionnel.
J’ai toujours aimé travailler de mes mains. Chez moi, c’est vrai que je suis toujours en bleu ou en salopette de peintre. Je retape, je bricole, je double les murs, je passe de l’électricité à la boiserie, à la peinture... Je suis une grande bricoleuse : j’ai déjà retapé trois maisons.
En fait, j’ai découvert ma passion pour la chaudronnerie lors de ma dernière expérience en industrie. J’ai fait trois contrats d’insertion consécutifs chez LK1 Lamirand à Calais (fabrication de luminaires entre autres produits industriels).
Je suis quelqu’un de très organisée dans le travail à la chaîne et j’ai très vite évolué. Je me suis épanouie sur ces postes très différents. C’est là que j’ai découvert l’usinage, la soudure. Finalement j’ai touché très peu à la chaudronnerie mais ça m’a tout de suite intéressée ; je me suis renseignée, j’ai discuté avec les collègues. J’ai regardé le travail qu’ils faisaient au bureau d’études (préparation des gammes, dessin assisté par ordinateur). C’est là qu’a commencé à me trotter dans la tête l’idée d’un CAP BEP en chaudronnerie. Pour aller plus loin, j’ai fait un bilan de compétence au Greta. J’ai confirmé mon projet. Après mon BEP, je souhaite travailler en atelier en tant que chaudronnière pour avoir une bonne pratique du métier et peut-être ...dans quelques années, évoluer vers un poste de technicienne méthode. J’ai des atouts : sens du relationnel, volonté, goût pour apprendre.

Actuellement, vous préparez votre BEP à l’AFPA d’Hazebrouck. Comment se passe la formation pour une femme qui envisage un métier très traditionnellement masculin ?
J’adore ce que je fais et mes collègues à l’Afpa sont supers. Pourtant, c’est pas toujours faciles !. Ils plaisantent facilement. Nous sommes 2 femmes dans un groupe de 11 ! Moi, ils disent que j’ai un caractère très dur mais croyez moi il faut avoir du caractère pour déboucher dans ces métiers là ! Faut pas se laisser faire tout simplement !.

En quoi consiste votre métier ? Voyez-vous des difficultés à l’exercer, en tant que femme ?
Il faut beaucoup de connaissances :
D’abord, il faut savoir lire un plan pour réaliser une pièce au détail prés. Il faut connaître la trigonométrie.. sur le bout des doigts. Il faut savoir déchiffrer une gamme avec toutes les instructions de la série à produire (nombre, épaisseur, quôte, rugosité, matériaux). Il faut aussi connaître chaque type de machines (plieuse, coupeuse ou décapiteuse, façonneuse en rond..) pour utiliser les bonnes en fonction de la commande. Il faut faire des réglages, effectuer le traçage sur plaques de tôle. Les calculs ne sont pas ceux qu’on ne fait pas dans la vie de tous les jours ; il faut être très concentrée, il ne s’agit pas de se tromper. C’est riche et je m’épanouie vraiment dans ce que je fais.
C’est un beau métier, aussi bien pour un homme que pour une femme ! Bien sûr, les plaques de tôle, c’est un peu lourd à transporter...mais les hommes pensent la même chose ! Ce qu’il faudrait, c’est réfléchir à les rendre plus légères à transporter, ou les déplacer sur des distances plus courtes...Dans certaines entreprises, c’est déjà fait.

Imprimer l'article

 

Fil RSS