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C’est beau de réaliser une piéce de ses propres mains ... !

Après avoir « galérée » suite à une orientation scolaire subie, Valérie, 26 ans, travaille dans l’atelier approvisionnement du magasin de la UHV Peugeot Citröen depuis 2 ans comme tourneuse fraiseuse outilleuse.

J’ai été mal orientée en sortie de collège vers un BEP électrotechnique. Ça n’a rien donné ; ça ne me plaisait pas. J’ai mis 4 ans à l’obtenir puis j’ai arrêté. Je ne savais pas quoi faire, à l’époque, je me sentais comme « un peu moins que rien ». Je n’avais pas d’argent, ma mère ne m’a pas lâchée...à 9 heures, tous les matins, elle me disait : « debout...tu vas chercher du boulot ». Je cherchais n’importe quoi : de la manutention, un peu de tout quoi. On m’a proposé des stages non rémunérés : nettoyage, ménage... Valérie sur son poste de travail chez PSAEt puis, j’ai suivi une découverte métiers avec la mission locale et, pendant cette découverte , une copine qui me savait bricoleuse m’a parlé de la formation de tourneur ; en discutant, elle m’a convaincue et ça m’a intéressée. C’est comme ça que j’ai préparé un CAP BEP de tourneuse à la SOFIP de Valenciennes. J’ai commencé presque qu’un an après ma sortie de scolarité....un an de galère ! Ma mère avait raison, au bout du compte, je m’en suis aperçu au fil du temps.

Qu’avez-vous fait lorsque vous avez obtenu votre BEP ?
J’ai continué. J’avais repris confiance en moi et je voulais avoir plus de chances sur le marché du travail ; alors, j’ai enchaîné en préparant un bac professionnel de Technicienne d’Explotation sur Machine à Commandes Numériques. Et puis, pendant le bac...un jour, par hasard, j’ai rencontré un ancien tuteur de stage. Il se souvenait de moi car ça c’était vraiment bien passé. Il m’a dit qu’il y avait une place à prendre à l’atelier comme tourneuse et je n’ai pas hésité ; j’aime ce métier. J’ai donc commencé pendant 9 mois en intérim et depuis, ils m’ont embauchée en CDI.

Comment avez-vous été accueillie par vos collégues masculins ?
Un peu avant mon arrivée, le chef d’atelier avait demandé aux 30 salariés hommes de décrocher les photos de femmes à p. dans les armoires. Je l’ai appris bien après. Au début, je les sentais plutôt méfiants, ils me chariaient si je loupais une pièce (même si ça leur arrive aussi de se tromper) et puis ils me faisaient des farces genre ...rajouter de la graisse sur les pièces à usiner. Puis je me suis aperçue qu’il fallait aller au devant d’eux ...oser s’imposer, et maintenant ça se passe bien ; je suis même « chouchoutée ».

Tourneuse fraiseuse... est-ce un métier pour une femme ?
Bien sûr, une femme peut le faire. Pourquoi pas ? Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, surtout avec les pièces en fonte et puis il y a la graisse...mais bon !
Je travaille au secteur outillage pour approvisionner le magasin. A partir de plans, de gammes j’installe un outil et je l’usine selon la forme voulue ; ça peut être une pièce métallique (alu, fonte, acier) ou plastique. Quand la forme est cylindrique, j’utilise le tour. Quand c’est une pièce à fignoler, il faut la fraiser. Je préfère le fraisage ; c’est plus diversifié...plus intéressant parce que j’ai à résoudre des problèmes : parfois les formes commandées font qu’il faut trouver la bonne position pour installer la pièce avant d’utiliser les manivelles. Il y a un côté artistique : c’est beau de réaliser une pièce de ses propres mains ! Sur les gammes, on a tous les renseignements utiles (nombre à réaliser, temps estimé, cotes...). Je fais donc des gammes et des dépannages (pièces mal usinées pouvant être rattrapées).

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