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Vers des femmes en scierie ?

L’expérience et le travail que nous vous présentons ici n’en est qu’à ses débuts.. Les enjeux sont de taille pour les femmes bien sûr et aussi pour les professionnel-les de l’insertion.. Aussi nous ne conclurons pas l’article aujourd’hui, nous retrouverons les équipes du Chenelet et de SPL tout au long de leur travail de construction et d’accompagnement de la mixité des emplois.

Chenelet Insertion est un atelier d’utilité sociale. Des femmes et des hommes, en contrats aidés, produisent des légumes biologiques selon une démarche propre à tous les membres du réseau des jardins de Cocagne.

Par le biais de cette activité utile socialement, reconnue et valorisante pour la personne, les encadrant-es de l’association travaillent à remobiliser les personnes en situation d’exclusion socio-économique. Elles et ils poursuivent avec elles des objectifs de (re)adaptation à la production et plus particulièrement au rythme de travail soutenu, de respect de la consigne.

Dans le potager, il n’y a jamais eu beaucoup de femmes. C’est que, explique Dominique Hays, les parcours d’insertion initiés jusqu’à maintenant se prolongeaient en relais avec l’entreprise SPL dont les activités principales s’articulent autour de la fabrication de palettes, la sciage, le transport et la logistique. Des activités somme toute « traditionnellement dévolues aux hommes ».

Pouvait-on remobiliser les femmes et leur proposer ce type de poursuite de parcours ?
Fallait-il-il envisager une prolongation de parcours d’un autre genre ?

Femmes aux champs

Toujours est-il qu’il y avait volonté d’ouvrir la structure à un public mixte, d’être en capacité de répondre aux besoins des femmes. Et en termes de besoins l’association savait que les femmes n’en manquaient pas .. Elles galèrent faute d’emploi durable.. elles galèrent peut-être plus que les hommes et pourtant sur le bassin d’emploi on dénombre peu d’offre d’insertion dans leur direction ! On pourrait le dire autrement jusqu’à aujourd’hui il n’y a guère de volonté affichée, de discours prononcé et d’action menée pour leur donner le goût et la possibilité d’intégrer les actions .. qu’elles trouvent alors (aussi ?!) peu faites pour elles !

« Nous voulions avoir une offre d’activité d’insertion pour les femmes  ». Aussi aux côtés de l’activité jardin, prolongée pour les hommes par une activité bois, «  pour insérer des femmes nous réinventions une activité : cuisine et à terme conserverie », dans le cadre d’un projet FSE. Pourtant lors d’un temps de formation collective, «  nous avons pris conscience que nous ne rompions pas vraiment avec cette (une certaine) approche sexuée du travail .. ainsi quelles chances avions-nous d’offrir des perspectives d’avenir égales pour les hommes et les femmes ?
Il fallait opérer une mutation importante. S’adresser aux femmes c’est nécessairement penser et agir pour qu’en aval on recrute des femmes à savoir que SPL s’ouvre également aux femmes. »

SPL Scierie et palettes du Littoral est une entreprise d’insertion de100 salariés localisée sur le bassin d’emploi de St Omer. Tout en produisant et donc en poursuivant des objectifs d’efficacité économique, il s’agit de préparer les salariés à intégrer un statut d’emploi « classique » sur des postes tels que : cariste et chauffeur routier, conducteur de machines semi-automatiques et en bâtiment dans l’éco-construction.
Pour tout le personnel de Chenelet et de SPL, les postes de travail sont considérés comme trop lourds et pénibles physiquement pour envisager de permettre aux femmes d’y accéder.

Une femme travaille sur une machine à la scierie

Mais ce n’est pas un argument pour renoncer à la mixité : des encadrantes de Chenelet, dont une femme formée en menuiserie, décident d’investir tous les postes de travail pour mesurer la difficulté, le poids des charges. A l’aide d’un ergonome de l’ARACT un travail en vue de l’aménagement des postes est mené avec un objectif : d’ici 2 ou 3 ans, 30% de femmes dans les effectifs de l’entreprise et occupant tous les types de postes !

« Se passer de femmes, c’est se passer de professionnel-les, de compétences ... ce qui, dans un contexte de concurrence mondiale, n’est pas pensable si on veut être rentable ! » affirme F. Marty. « Il a fallu asseoir la boîte, maintenant on a les outils et la capacité de donner de l’emploi aux femmes ! Souvent les hommes ne savent pas donner la place aux femmes. Nous avons l’obligation d’instruire le changement avec les personnes avec qui on travaille ». Et de conclure sur la volonté de s’ouvrir à la diversité des compétences, aux femmes, et ce dans de bonnes conditions de travail et de sécurité : «  Je ne veux pas envoyer les femmes à l’échec et je n’ai pas non plus envie d’en faire une affaire. »

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