retour page d'accueil

Ni homme, ni femme : Toyota Member !

Inaugurée en 2001, l’usine Toyota d’Onnaing emploie aujourd’hui 2850 personnes. Les femmes ne représentent que 9 % du personnel mais elles sont présentes dans presque tous les métiers. Pour développer la place des femmes dans l’entreprise, Toyota se refuse à mettre en place des mesures ou des aménagements spécifiques pour les femmes. Pour Nicolas Fayol, responsable de la communication, cela romprait le principe d’équité cher à l’entreprise : tous les salarié/es doivent être traité/es de la même façon. Par contre, il importe de lever les freins, notamment culturels, à l’orientation des filles vers les métiers techniques et le secteur automobile où elles ont beaucoup à apporter et à gagner.

Dans l’usine Toyota, très impressionnante, le visiteur rencontre des femmes à l’oeuvre à tous les postes. Elles sont certes minoritaires mais elles sont caristes, grutières, pontières, peintres, deux d’entre elles pilotent des presses gigantesques, beaucoup travaillent à la production et au montage. Le seul poste auquel les femmes n’ont pas accès est celui où sont manipulées les pinces dans le service carrosserie. Cela demande une force physique exceptionnelle que seuls quelques hommes possèdent.

Une entreprise accessible à toutes et tous

Si Toyota a ouvert ses ateliers aux femmes, ce n’est ni pour soigner l’image de l’entreprise, ni au nom de prétendues qualités spécifiques aux femmes comme la précision, la patience ... "Il y a des gens maladroits et d’autres qui le sont moins, précise M. Fayol. Il me paraît idiot de figer des compétences féminines et des compétences masculines. Si les femmes sont présentes dans l’entreprise, c’est parce que nous voulons donnner la possibilité à toute personne quelle qu’elle soit de mettre ses compétences au service de l’entreprise. Quand quelqu’un postule, le nom et le prénom n’ont aucune importance et n’influent ni positivement ni négativement sur la décision." "Nous avons des critères très précis de recrutement. Nous évaluons les aptitudes indispensables et surtout la motivation, la volonté de s’intégrer à une équipe et de progresser. Nous avons ainsi recruté de nombreuses personnes qui n’avaient ni diplôme, ni expérience en industrie. Toyota ne recrute pas des femmes ou des hommes ou des personnes ayant telle ou telle particularité, elle recrute des Toyota Members. En outre, inaugurer une politique spécifique pour les femmes, c’est ouvrir la porte à des revendications catégorielles sans fin."

De la difficulté de rénover les regards portés sur l’industrie

S’il est hors de question d’adopter des mesures arbitraires qui privilégieraient les candidatures des femmes au détriment des candidatures masculines, la Direction veut encourager les femmes à se positionner sur les métiers de l’industrie automobile. "Actuellement, nous recevons huit fois plus de candidatures d’hommes que de candidatures de femmes. Quand nous avons ouvert l’usine, nous avions un tel déséquilibre que nous avons beaucoup insisté pour dire que tout le monde avait sa chance chez Toyota les femmes y compris, cela les a encouragées à postuler."

Mais convaincre les femmes que l’industrie leur est ouverte est un travail de longue haleine. Il faut que les gens cessent de croire que l’industrie automobile est un milieu sale, stressant et dangereux. Il faut cesser aussi d’en faire un secteur "réservé aux hommes". "Pour se faire, nous organisons régulièrement des visites de l’usine à destination des lycées et collèges. Cependant, l’autre jour au téléphone, un professeur me confiait :"le groupe qui va visiter est prêt ; bien sûr, je n’ai choisi que des garçons ..."

La discrimination positive et la culture d’entreprise de Toyota ne sont pas compatibles. En prenant des mesures qui avantagent arbitrairement les femmes, Toyota ne ferait pas que rompre avec le principe d’équité qui la gouverne, elle mettrait aussi à mal le principe méritocratique qui veut que la promotion soit essentiellement interne. Les salarié/es, évalué/es en permanence, sont encouragé/es à s’améliorer, à s’investir dans l’amélioration des process et à s’améliorer eux-mêmes ou elles-mêmes continuellement. Réserver des places de cadres aux femmes ou faire de l’identité féminine un critère de promotion n’est pas compatible avec cette politique. De ce fait, les femmes resteront longtemps écartées des postes à responsabilités ou de l’encadrement puisqu’elles sont très minoritaires en production. Mais elles y parviendront avec le temps, pense Monsieur Fayol, quand elles auront acquis l’expérience et les compétences nécessaires. "Parmi les femmes embauchées il y a quatre ans, une est déjà chef d’équipe. Une femme vient également d’entrer au comité de direction de Toyota France." Et de conclure : "Les femmes ont toute leur chance chez Toyota et nous voulons les encourager à s’y investir mais elles ne doivent pas s’attendre à un quelconque traitement de faveur. Toutes les personnes qui entrent chez Toyota bénéficient des mêmes conditions et des mêmes chances. Les femmes travailleront de la même façon que les hommes et progresseront comme eux en fonction des mêmes critères."

Imprimer l'article

 

Fil RSS