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Contre la passivité et le silence, face aux violences envers les lycéen-nes.

Les relations entre les garçons et les filles se dégradent, le Comité local Ni Putes ni Soumises de Tourcoing et ses environs en est convaincu. Cette conviction l’a conduit à réaliser une enquête sur le sujet auprès des collègiens/collègiennes et lycéens/lycéennes de Tourcoing en collaboration avec la municipalité dans le cadre de la commission « prévention des violences ».
975 élèves issus de sept lycées et collèges ont répondu à un questionnaire construit par les élèves de terminale en sciences médico-sociale du lycée Marie Noël et qui se décline en quatre parties : identité, relations familiales, relations à l’école et relations extrascolaires.
Les moyens de traitement des données collectées étaient modestes, les résultats de l’enquête n’ouvrent donc pas sur une analyse affinée des relations filles et garçons mais plutôt sur une photographie générale. Il est troublant de constater que si 90 % des jeunes interrogés jugent que l’entente est bonne entre filles et garçons, près d’un tiers atteste que le manque de respect est fréquent et un quart font du machisme une réalité au sein de l’école. Voir les inégalités se manifester au quotidien ne débouche pas d’emblée sur une prise de conscience du phénomène.
A la question ouverte qui leur demande ce qu’ils pensent des relations filles/garçons aujourd’hui, les réponses sont variées et témoignent pour certains/certaines d’une réelle souffrance, pour d‘autres, d’une intransigeance ou d’une bêtise ... inquiétantes.
Exemple : « Les hommes dominent les femmes qu’ils considèrent comme plus faibles, les femmes ne peuvent pas parler sans leur accord. »
« Les filles chauffent les garçons et après on dit que les viols viennent des garçons... »
« Les filles de mon lycée sont rejetées par quelques garçons qui les insultent, leur crachent dessus, les frappent, les touchent... »
...

L/e collectif qui a piloté cette enquête reconnaît volontiers ses faiblesses mais les résultats de ce travail suffisent au moins à confirmer que les relations filles/garçons ne sont pas transparentes, qu’elles s’accompagnent de souffrance et d’injustice et qu’il est indispensable de se mobiliser pour éviter que la mixité et l’égalité reculent là où elles devraient avancer.
Le collectif Ni Putes Ni Soumises fait à ce propos plusieurs propositions :

- la réalisation d’une charte du Mieux Vivre Ensemble, par les filles et les garçons ;

- la mise en place de groupes de paroles mixtes et non mixtes dans les établissements scolaires ;

- la présence dans chaque établissement d’un adulte référent porteur de la problématique ;

- la mise en place d’ateliers de réflexion pour les professeurs qui mènerait à la création d’un temps d’éducation consacré au respect et à la parité au quotidien, et ce, dès l’école maternelle.

La passivité et le silence sont les premiers complices de l’injustice et des inégalités entre hommes et femmes.

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