retour page d'accueil

Et pourquoi pas des filles dans des filières agricoles et environnementales ?

Sandra HERMANT (responsable de formation à la Maison Familiale Rurale de Valfosse, à Marconne), pourquoi avez-vous souhaité aider vos publics à élargir leurs choix professionnels ?
En CAP Horticulture, nous étions régulièrement confrontés aux remarques des garçons envers les filles du style : « vous ne pouvez pas devenir bûcheronnes, vous n’avez pas assez de force physique » ou encore « vous ne pouvez pas porter une charrette avec du bois c’est trop difficile pour vous ». Nous avons donc contacté le CORIF qui nous a formés à l’utilisation de certains outils permettant le travail sur les stéréotypes. A la suite de cette formation, nous avons inclus dans le programme des CAP une séquence pour entamer un débat et créer des échanges sur le thème de la place des filles et des garçons dans l’emploi. Nous avons surtout utilisé le principe des questions du mur des préjugés, que nous avons réadapté sur un support papier plus pratique et plus léger. A l’issue de ces interventions, je constate que les filles arrivent à s’approprier un certain nombre d’arguments pour répondre aux garçons et se défendre.

Avez-vous utilisé ce type d’outils dans d’autres formations ? Ont-ils eu des effets sur les projets de vos stagiaires ?
Dans le cadre des DPP, nous nous inspirons de quelques unes des séquences proposées dans la démarche « EPICENE ». Nous avons notamment utilisé la méthode « DAPPI » et la séquence « Acheter une voiture ». Dans un de nos groupes, nous avons ainsi pu offrir l’opportunité à une stagiaire de trouver un emploi dans une scierie. Aujourd’hui, elle fabrique des palettes en bois.
Nous avons également intégré cette démarche dans le cadre des BCA : nous avons par exemple utilisé les « cartes métiers », que nous avons adaptées à la réalité de notre territoire en y intégrant des métiers comme « Trieur/euse de pommes de terre » ou « Arracheur/euse de betteraves montées », qui sont plus fréquents dans notre région.
La majorité du public que nous accueillons en BCA exerce un métier saisonnier : notre objectif est de leur permettre de se tourner vers d’autres emplois, moins précaires. Grâce à la réflexion que nous avons engagée, nous arrivons mieux aujourd’hui à les aider à élargir leurs choix professionnels.

Que vous a apporté cette réflexion sur l’élargissement des choix professionnels de vos publics ?
Elle nous a permis de nous questionner, et de ce fait d’être en « veille » par rapport à ces questions d’égalité. Il faut savoir que notre centre accueille des élèves en pensionnat. Ce sont des stagiaires souhaitant valider un CAP horticole ou un BEP Entretien des Aménagements des Espaces Naturels et Ruraux. En dehors de notre rôle de formateur et formatrice, nous devons par roulement animer des veillées. Dans ce cadre, nous avons mis en place une veillée sur le thème de la mixité et l’égalité. Nous avons eu l’occasion de réutiliser les questions du mur des préjugés. Cette soirée était très enrichissante, elle a permis à certains et certaines de se rendre compte que les préjugés étaient ancrés chez les deux sexes.

Imprimer l'article

 

Fil RSS