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La mixité en formation : atelier carrosserie à l’AFPA de Calais

AFPA de Calais, formation Carrosserie, mai 2005. Dans la salle d’à côté, les stagiaires sont en pause, on entend des éclats de rires, des voix féminines et masculines mélangées et joyeuses. M. Pascal OFFRE, formateur en carrosserie à l’AFPA depuis six ans se félicite de la mixité de son groupe, un phénomène récent dans les métiers de l’automobile et qui pourrait encore se développer.

De quand date votre premier groupe mixte ?
La première fille que j’ai eue en formation est arrivée il y a deux ans et demi et ça s’est très bien passé puisqu’elle a terminé troisième du groupe. Elle était très motivée et voulait à tout prix aboutir. Son père travaillait dans la réparation automobile et elle était passionnée.
La première fois que je l’ai vue, j’étais un peu surpris. Elle s’est présentée spontanément pour avoir des informations sur la formation. Elle a réussi les tests d’aptitude et a pu être intégrée.
A l’époque où je travaillais en entreprise, j’ai connu des femmes en magasin ou quelques femmes qui, très minutieuses, travaillaient à la rénovation de voitures mais en mécanique ou carrosserie, je n’en n’avais jamais rencontré.

Quelles avaient été les réactions ?
L’arrivée dans le groupe s’est bien passée. Je fais faire à tous une présentation croisée qui facilite d’emblée les contacts et la cohésion. Les hommes, n’étant pas habitués, ont tenté quelques vagues remarques un peu sexistes mais la stagiaire les a remis gentiment en place et très vite le respect mutuel s’est installé. J’ai simplement dû accompagner un peu les choses.

Cette diversité dans le groupe a été un élément très positif qui a créé une vraie dynamique. Ce groupe a très bien fonctionné car un phénomène d’équilibrage s’est créé. Une émulation s’est créée car les hommes ne voulaient pas se faire dépasser et la femme voulait prouver qu’elle était compétente.

Et dans le groupe actuel ?
Dans le groupe actuel, nous avons deux filles et cette fois l’intégration s’est faite tout à fait naturellement. Le travail est sérieux et l’ambiance peut-être plus agréable ou gaie que quand il n’y a que des garçons. Les expériences se complètent. Les filles sont très sérieuses, passionnées, elles s’investissent et prennent des initiatives. Leur présence amène du positif dans le groupe. Pour moi aussi c’est un plus. Je sens les stagiaires plus motivés et dynamiques donc plus demandeurs et ça me motive moi aussi.

Gérer un groupe mixte, cela n’implique pas de difficultés particulières. Il faut rester vigilant sur la question du respect mais dans le travail j’accompagne les filles de la même manière que les garçons et s’il faut les pousser un peu, je le fais de la même façon.

Les femmes et le métier de carrosserie ... ?
Pour ce qui est du métier de carrossier, il n’y a pas d’obstacle à ce qu’il soit fait par une femme si ce n’est éventuellement quelques pièces lourdes à manœuvrer mais il existe maintenant des moyens de levage adaptés. Ex : les portiques qui permettent de décrocher et raccrocher les portières. Et puis, au pire, on se met à deux pour faire une tâche trop lourde. Sinon toutes les séquences sont également accessibles aux hommes et aux femmes.
Les filles ont d’ailleurs des qualités qui se dégagent : elles sont plus pointues, leur motivation les aide beaucoup, elles ont vraiment choisi ce projet et sont déjà un peu dans le métier, elles ont des contacts, ce qui les a aidées à trouver leur lieu de stage sans difficulté.

Les filles ont un avenir dans les métiers de l’automobile si les employeurs font l’effort de dépasser des préjugés encore trop nombreux. Les filles pour la plupart d’entre elles auront plus de facilité aujourd’hui à s’installer ou à s’associer avec quelqu’un qu’elles connaissent qu’à entrer dans une entreprise inconnue. La première stagiaire que j’ai eue a passé plus d’un an, après la formation, à se heurter aux réticences des employeurs. Heureusement elle a abouti et elle travaille dans un garage depuis plusieurs mois.

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