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Je suis devenue opératrice régleuse un peu par hasard

Après plusieurs petits boulots et une formation initiale en hôtellerie, Audrey MOREL est aujourd’hui opératrice régleuse sur commande numérique au sein de l’entreprise Picard Etanchéité à Valenciennes. Elle nous explique son cheminement et nous fait part de son désir de progresser dans l’industrie.


Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

A l’école, j’ai préparé un BEP hôtellerie mais je ne l’ai pas obtenu, ça ne me plaisait pas alors j’ai arrêté. Je ne savais pas quoi faire comme métier. Pendant deux ans, j’ai fait quelques petits boulots à gauche à droite : des extras dans la restauration.... J’ai aussi fait une petite formation de découverte de métiers mais là aussi c’était hôtellerie, femme de chambre. Finalement, j’ai découvert la SOFIP, un centre de formation. Je cherchais une formation en conditionnement car j’aimais bien travailler à la chaîne. Ils m’ont proposé de préparer un BEP Productique. J’ai essayé. Au début c’était dur mais ça m’a plu. C’est comme ça que je suis devenue tourneuse fraiseuse ; un peu par hasard mais j’ai eu de la chance car j’adore ça. J’apprends des choses tous les jours. D’ailleurs, j’aurais dû faire cela dès le départ, j’aurais gagné du temps. Quand j’étais petite, les choses techniques ça me plaisait déjà. J’étais toujours avec mon beau-père ; c’était un grand bricoleur ; je lui donnais des coups de main.

J’ai commencé ma formation un mois et demi après les autres et il a fallu rattraper. Au début, je n’aimais pas trop. Ça me faisait un petit peu peur. Les copeaux, l’acier...j’avais peur de me blesser. La formation s’est passée sans problème et j’ai obtenu mon diplôme. Ensuite, j’ai fait un perfectionnement de deux mois en commandes numériques. J’ai été très soutenue par les formateurs qui m’ont aidée à trouver des stages. J’en ai fait un dans l’entreprise Picard qui m’a embauchée, d’abord en contrat de qualification, puis j’ai cassé ce contrat pour un CDI. J’aurais pu signer un contrat de qualification dans une entreprise qui travaille l’acier, en tournage-fraisage traditionnel mais j’ai préféré travailler ici. On travaille le plastique, c’est plus propre et là-bas il n’y avait que des hommes.

Je suis opératrice régleuse sur commande numérique et je réalise des pièces en plastique. J’adore ce métier, j’apprends des nouvelles choses chaque jour. Ce que j’aime le plus c’est la programmation même si c’est encore mon point faible. Quand on me demande une pièce dont le profil n’existe pas, je dois prendre un programme, n’importe lequel et le modifier. J’aimerais bien progresser là-dedans.

En formation, vous avez eu des problèmes ?

Non aucun.

Et avec les hommes ?

Rien du tout. Je me suis toujours bien entendue avec les hommes. Je préfère travailler avec des hommes plutôt qu’avec des femmes. Les femmes, c’est spécial, ça parle tout le temps. Moi, c’est boulot, boulot.

Y avait-il déjà eu des filles sur votre poste ? Non, j’étais la première fille sur ce poste. Avant ils n’y avait pas de fille, je ne sais pas pourquoi mais en tout cas je n’ai eu aucun problème. Une fille est plus minutieuse. C’est mon chef qui le dit mais je le pense aussi. Et puis on est plus rapide. Les hommes eux, ils prennent leur temps, ils papotent... Dans l’atelier, nous sommes deux femmes et deux hommes, on travaille en binôme. Avant les deux filles travaillaient ensemble, maintenant, ce sont des équipes fille /garçon mais ça ne fait aucune différence. Ça marche très bien.

Que diriez vous à une fille qui voudrait faire ce métier ?

Vas-y, fonce ! Bien sûr, c’est dur au début. Pour prendre les cotes sur les pièces, faut aller tout doucement avec le pied à coulisses... Et puis, il faut réaffûter les outils aussi ! Faut aller tout doucement, c’est minutieux... Et puis il y a les délais, il faut supporter la pression. Mais il faut y aller, c’est un beau métier.

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