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La mécanique et la carrosserie sont des passions familiales

Christelle est née dans une famille passionnée par la rénovation des véhicules anciens. Quand à 15 ans, elle veut se former aux métiers de l’automobile, la chose lui est refusée et elle est encouragée à faire des études littéraires. Elle se tourne finalement vers le commerce, réussit ses études, commence une carrière dans la téléphonie. Après plusieurs années de travail, elle décide de profiter de ses droits à la formation pour revenir à sa vraie passion et elle intègre l’atelier carrosserie de l’AFPA de Calais.


La mécanique et la carrosserie sont une passion familiale chez moi mais quand j’ai dû choisir mon orientation, cela m’a été refusé d’emblée. Dans un premier temps, on m’a dirigée vers des études littéraires mais ça ne me motivait pas donc j’ai fait le choix du commerce. J’ai fait le parcours CAP, BEP, BAC Pro dans cette voie. J’ai été embauchée en charcuterie, ce qui n’a rien à voir.
Une fois dans la région parisienne, en 1994-95 j’ai travaillé dans la téléphonie et j’y ai progressé jusqu’à devenir responsable de magasin à Calais puis Boulogne. Quand j’ai commencé à revendiquer un poste de responsable, étant femme il a vraiment fallu que je fasse un travail beaucoup plus important et que je prouve que j’étais capable de gérer une boutique. J’ai démissionné pour suivre mon copain et puisque j’avais la possibilité de faire une formation, j’en ai profité pour revenir à mes vrais désirs professionnels.

J’ai demandé à l’ANPE s’il était possible de faire une formation AFPA en carrosserie et si c’était accessible aux femmes. Dans l’Oise, j’ai eu beaucoup de mal, ils ne voulaient pas et j’ai dû vraiment pousser. Il a vraiment fallu leur prouver que je connaissais déjà un peu le métier et que j’étais motivée. Ils ne voyaient pas le lien avec mon expérience de responsable de magasin.
J’ai passé les tests que j’ai bien réussis puis j’ai dû attendre presque un an et demi ce qui m’a dérangée car quand la formation a commencé j’ai découvert que les garçons avaient passé leurs tests trois mois avant à peine. Peut-être qu’ils avaient peur de mettre une fille seule et ont voulu attendre une deuxième candidate...
Enfin, cette fois ça y est et ça se passe bien. De toute façon quand on choisit un métier comme ça, obligatoirement on sait qu’on va être la minorité et il faut quand même s’imposer un petit peu. En choisissant un métier d’hommes, on sait très bien qu’on sera confronté à leur mentalité. Ensuite, c’est une question d’habitude, je suis souvent dans les garages, j’ai eu une équipe aussi à gérer comme responsable de magasin, c’était des hommes, il a bien fallu que je me fasse respecter aussi.
Mais de toutes façons, au fur et à mesure, les différences s’effacent.
Dans la carrosserie, on a tendance à être plus minutieuse, à mieux soigner les finitions. De toute façon pour une femme il faut arriver ici hyper motivée et puis il y a un minimum de contrainte physique, il faut parfois porter du lourd.

Moi j’ai toujours traîné avec mon père dans les garages, ça aide. Mon frère est carrossier de métier et je travaille beaucoup avec lui car on a créé une association au sein de laquelle on restaure d’anciens véhicules militaires US. Donc généralement, je passe aussi mes week-ends dans un garage. C’est un projet très familial. J’ai des cousins, un oncle. Mon père est chaudronnier. C’est ma mère qui fait la couture des cuirs et des fauteuils. J’ai deux petits garçons qui baignent aussi dans cet univers et sont très à l’aise dans le garage. Dans la famille, ça nous fait une belle collection de véhicules.
La semaine dernière on a participé à la commémoration du soixantième anniversaire de la libération de Dunkerque. Actuellement, j’ai un dodge qu’il faut complètement déshabiller et refaire du châssis jusqu’au moteur.

En sortant de l’afpa, je compte reprendre un emploi dans le commerce mais dans l’automobile cette fois pour financer la création d’une société de rénovation de véhicules anciens avec mon frère. On travaille depuis plusieurs années notre projet. Basés à Boulogne, on vise en priorité la clientèle anglaise. Mes diverses expériences m’ont permis d’apprendre à connaître les entreprises et on est jeunes tous les deux. Ça devrait marcher...

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