retour page d'accueil

AFPA de Calais : des stagiaires en carrosserie parlent de l’orientation

Dans la salle de formation de l’atelier carrosserie, la présence d’un reporter venu s’intéresser à la mixité du groupe déclenche une discussion sur la place des femmes dans les métiers non traditionnels et plus généralement sur l’orientation professionnelle.

Un premier garçon : -« C’est quoi ça métiers d’hommes, métiers de femmes ? Cite moi un « métier de femmes »....

Un autre : - Bah .. cuisine !

Le premier garçon : - Cuisine ce n’est pas un « métier de femme ». La cuisine c’est une contrainte pour les femmes ce n’est pas une passion....

Le garçon : Homme ou femme à partir du moment où on fait quelque chose qu’on aime, on va le faire bien, moi si on me force à faire quelque chose que j’aime pas, c’est pas la peine.

Un autre : On dit métier de femme pour couture et secrétariat parce que statistiquement il y a plus de femmes que d’hommes mais ç’est tout, ça ne veut rien dire de plus.

Un garçon : On dit que chauffeur routier, c’est un métier d’homme. C’est dur, c’est sûr mais pourquoi dit-on que c’est un métier d’homme ? Parce qu’ils sont partis à la semaine ? Avant quand c’était des gros camions d’accord mais maintenant avec la direction assistée un gosse pourrait manœuvrer un camion...

Un autre garçon : Certains disent : « Une fille peut pas faire ça... » Ça ce sont des clichés de grand-mère parce qu’avant c’était beaucoup plus macho. Ça ne va pas bouger du jour au lendemain, il va falloir des années pour que la femme prenne vraiment sa place.

Une fille : Le problème c’est qu’en troisième, on te demande de faire tes vœux. Moi j’ai demandé à me former aux métiers de l’automobile on me l’a refusé...

Un garçon : ouais mais c’était en 1930.

La fille : ... parce qu’à ce moment là ce n’était pas concevable. Mais maintenant j’ai vu qu’on pouvait le faire, j’ai eu l’occasion et je me suis dit : j’y vais ! Et encore, on m’a mis des bâtons dans les roues ! Mais au moins c’est possible.
On essaie toujours de nous faire entrer dans des cases ! Si en troisième on proposait aux filles et aux garçons de s’essayer ne serait ce que sur trois jours, on découvrirait des métiers mieux adaptés à chacun.

Un garçon : Oui, si ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire pouvaient essayer plusieurs postes de travail, ce serait mieux !

Un autre : Moi au collège j’avais un trop bon niveau pour aller en BEP. Du coup, j’ai perdu dix ans. Je n’aimais pas l’école. En troisième j’ai voulu partir en BEP pour apprendre un métier. On m’a dit : « Non, tu as une moyenne élevée, tu n’as rien à faire en BEP ». J’ai continué jusqu’au DEUG et j’ai perdu mon temps pour finalement me retrouver aujourd’hui en CAP.

Un garçon : Moi, je savais ce que je voulais faire et on m’a claqué dans un truc de dactylo alors que j’étais nul en français. J’aurais voulu pouvoir essayer des métiers. Après ça, un jour j’ai dit : « je voudrais être maçon ». On m’a dit : « Oh lala ! C’est un métier dur ! » Mais ce n’est pas plus dur qu’autre chose si tu aimes ce que tu fais. Et aujourd’hui, les entreprises ont du mal à trouver des maçons !!

Une fille : On a complètement dévalorisé les lycées professionnels. C’était : LEP = mauvais résultats scolaires, on vous met là parce qu’on n’a pas le choix. Et aujourd’hui, il faut faire machine arrière parce qu’il n’y a plus assez de manuels. C’est dommage.
On ne va pas changer les moeurs du jour au lendemain, c’est clair. On y vient petit à petit mais on ne le fera pas du jour au lendemain. Sur dix ans, il y a une évolution, c’est bien mais ça pourrait aller plus loin. Je pense qu’on ne s’en donne pas assez les moyens.

Imprimer l'article

 

Fil RSS