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Conductrices de machines automatisées de mère en fille.

Je travaillais comme caissière, mise en rayon .. jusqu’à ce que je sois licenciée. A l’ANPE, j’ai dit « plus jamais dans un magasin ». Je voulais être conductrice de machine automatisée. Je suis allée au CEFTI, ils ne le faisaient pas, j’ai donc préparé un BEP maintenance.

Qui vous a donné cette idée ?

Ma fille à l’école, vu son niveau, on lui a demandé si elle ne voulait pas faire électrotechnique. Ça lui a plu, elle a suivi une option complémentaire en hydraulique, pneumatique, je voyais ses cours . Je me suis dit c’est peut être un débouché. J’ai pris cela. En plus, je suis fort manuelle, je vis toute seule alors ...

Comment s’est passée pour vous la formation ?

En BEP, il fallait que je trouve une entreprise qui me fasse confiance en tant que femme dans la maintenance. Quand je suis arrivée, ils rigolaient bien ..
Mais ça s’est bien passé, j’ai fait mes deux stages et dès que j’ai eu fini, comme j’avais fait ma production et que je n’avais pas peur de travailler comme un homme, ils m’ont embauchée en CDD d’un an. Maintenant j’ai bon espoir , là je devrais être embauchée définitivement.

Sur quel type de poste travaillez-vous ?

Je suis sur machine, pas en maintenance. En maintenance, ils ne prennent pas de femmes, c’est dans toutes les entreprises pareil. Ils disent : La maintenance c’est très lourd, il faut monter, démonter c’est pas évident de savoir démonter en hauteur.

Pourtant lors de votre stage, vous faisiez de la maintenance, vous saviez le faire ?

Ah oui, mais ils étaient aux petits soins, hein, ils avaient toujours peur que je tombe .. ils étaient derrière moi. Et puis quand on sort de l’école, on ne sait pas tout faire, il faut encore apprendre sur le tas, y’a des trucs que je ne savais pas faire. Ils m’ont demandé si je voulais travailler sur les machines, alors j’ai dit oui. C’est très dur pour une femme j’avais peur, ah, pas d’être dans une cuve ou dans la graisse, ah ça non . Mais là déjà j’apprends à conduire une machine, il faut faire du montage de matrice, ce sont de grosses pièces mais j’y arrive. Les appuis-tête ce sont de lourdes pièces de métal qu’il faut plier. Les tiges sont lourdes. Il faut faire les réglages de la machine. Je suis la première femme à travailler sur machine.

Comment les hommes ont-ils réagi ?

Au départ je n’ai pas été prise au sérieux. Certains disaient v’là les femmes, y vont nous piquer notre place. Avec les hommes il faut savoir s’accrocher. Ce n’est pas toujours évident. Mais moi je fais de la musique alors les jeunes j’ai l’habitude. Eh bien je plaisante avec eux comme ils plaisantent avec moi !

Ça me plaît. J’ai fait entrer ma fille pour travailler sur des machines comme moi. Elle est formée comme moi sur le tas. La machine tourne et on vous explique comment ça fonctionne et pour faire face aux pannes ...

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