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Aujourd’hui, je vis pour moi !

J’ai commencé à travailler à l’âge de 16 ans dans la confection comme surfileuse, surjeteuse. J’ai une expérience de 10 années. J’ai arrêté 19 ans pour élever mes 6 enfants. Aujourd’hui. ils sont grands, je vis pour moi, aussi j’ai repris le travail, à 45 ans et dans la tôlerie !

Je recherchais dans mon domaine mais ici dans le textile, il n’y a plus rien. Un jour, la dame qui me suit à l’ANPE m’a dit "ils recherchent des retoucheuses en voiture", elle m’a expliqué en quoi consistait le travail. Je voulais vivre autre chose, les enfants étaient élevés, j’en avais marre de rester à la maison. Je me suis engouffrée sur cette voie ! Je suis motivée, chez moi je fais du béton, du lambris, de la tapisserie, de la peinture, je suis manuelle, ça ne me faisait pas peur de foncer dans une usine de peinture. A l’ANPE, lors de la réunion d’information, ils ont mis la portière sur la table ! A ce moment-là, toutes on s’est demandé ce qu’on faisait là. M. E (du centre de formation NdR) a fait un coup dans la portière et nous a donné les outils pour la réparer. Alors là je me suis dit : "non y’a pas, il faut que tu y arrives". J’ai persisté à redresser mon « gnon ». Je ne sais plus combien il y avait de femmes, 16 sont restées ! On se demandait encore pourquoi on faisait ça et petit à petit on s’est prouvé qu’on pouvait faire ce métier ! Après la formation et au bout de 15 jours de stage à Sevelnord, ils nous ont lâchées sans être accompagnées, à la fin de mon stage, j’avais un contrat de travail jusque décembre.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce travail ?

Pour exercer ce métier, il faut aimer bricoler, toucher la tôle, avoir de la persévérance. On travaille à la chaîne, en paluchant, on repère les gnons, les picots. Sur 10-20 mètres, il faut refaire la carrosserie. On avance avec la voiture. On n’a pas le temps de tout faire, on a deux minutes par voiture alors en bout de ligne le barragiste fait les gnons qu’on n’a pas eu le temps de faire mais qu’on a repérés. Pour les gros coups, il y a un ouvrier professionnel tôlier à 100% qui s’en occupe ! Il faut en vouloir, au début quand on voyait arriver les voitures on pensait ne jamais y arriver. Et finalement .. Il faut aussi aimer le travail en équipe et avec des hommes. Au début ce n’était pas très chouette, c’était même un peu froid. Maintenant ils donnent des conseils.

Ce doit être un métier fatigant, difficile physiquement ?

Non, on est moins fatiguées que dans le textile ! On n’utilise que des petits outils comme les limes et des marteaux ; pour les gros coups, on a besoin de plus de force. Il faut toujours avoir des lunettes, au début c’est un peu difficile pour s’y ’habituer. C’est comme pour les chaussures de sécurité, c’est un peu lourd mais on s’y fait ! Si c’était à refaire, je referai. C’est un métier qui me plaît. Je pars travailler contente, il y a une bonne ambiance, on peut parler avec les gars !

Avec les hommes ça se passe comment ?

Il faut se faire accepter et ça c’est le plus dur. Si vous avez un caractère à répondre, ils vous laissent couler ! Au début, on posait beaucoup de questions alors ils pensaient que ce n’était pas un métier de femmes. Il y a des sournois qui pensent que les femmes ça doit rester à la maison, mais il y en a aussi qui disent « chapeau, à 46 ans c’est beau ! ». Ah bien sûr il faut savoir rigoler.. mais ça va, je sais rire. Ils m’ont mis de la colle dans mon gant ; ils ont monté mon disque à l’envers ; ils ont débranché mon fer à souder .. quand je les voyais sourire je savais. Ils m’ont testée. Il faut beaucoup d’humour, on a vu jusqu’où on pouvait aller ! Cette semaine, j’étais un peu déçue quand le « AQI » est passé vérifier la voiture, j’avais laissé passer des coups, j’ai été sanctionnée alors je fais mon travail en étant stressée mais bon ça va aller.


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