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Le monde de l’automobile a évolué et s’ouvre désormais aux femmes

A la suite d’un bilan de compétences qui a mis en évidence son attirance pour la logistique, Betty a découvert le métier de magasinière lors d’un stage DPP (Définition de Projet Professionnel). Un stage très réussi lui permet de signer un contrat de qualification. Deux ans plus tard, elle est embauchée et promue responsable de magasin. Parcours exemplaire d’une jeune fille qui nous confirme que le monde de l’automobile a évolué et qu’il est désormais ouvert aux femmes.

Illustration Féminin Technique - BourgogneJ’ai découvert le métier de magasinier à l’occasion d’un stage de Définition de Projet Professionnel avec la Chambre des Métiers. Après avoir raté deux fois mon Bac STT, j’avais travaillé comme serveuse et connu un an de chômage. Un bilan de compétences au CIBC de Liévin a mis en évidence mon goût pour la logistique et j’ai donc cherché à faire mon stage dans ce domaine. Françoise Mallorey de la Chambre des Métiers m’a proposé un stage de quinze jours chez Val’Auto à Courrières, un garage qui appartient au groupe Lempereur. Tout a commencé comme ça. Mon projet a été validé et j’ai signé un contrat de qualification pour préparer un bac pro logistique en alternance. Je suivais les cours à l’AFT-IFTIM de Liévin et je travaillais dans le garage de Courrières puis dans celui de Liévin. Ensuite, tout a évolué très vite. J’ai été embauchée à l’issue de mon contrat de qualification et trois mois plus tard, quand le directeur a racheté un garage Hyundai à Liévin, il m’a proposé le poste de responsable de magasin.

Répondre aux clients, référencer les pièces, servir l’atelier, livrer les garages, préparer les commandes, ... mon métier est très varié et je m’y plais beaucoup. Petite, je n’aurais pas imaginé faire cela même si mon père travaillait dans la mécanique comme tôlier pour les autocars. J’aurais bien voulu y toucher plus tôt mais quand je suis arrivée dans les garages, je n’y connaissais rien. Ici, j’apprends sur le tas.

Mon insertion dans un univers d’hommes n’a pas posé de problème. Le responsable magasin et les collègues m’ont fait confiance tout de suite, ils m’ont aidée, épaulée, ça a été très important. Avec les clients, les choses ont été un peu plus difficiles, surtout avec les plus âgés. Certains refusaient d’avoir affaire à moi. Dans ce cas là, il suffit de ne pas se braquer et de leur faire comprendre progressivement que si on est à ce poste, ce n’est pas par hasard.
De toute façon, c’est en bossant que j’ai prouvé que j’étais à ma place. Certes je suis menue mais je suis courageuse. Je demande un coup de main quand les choses sont trop lourdes, mais je fais le maximum d’efforts pour les faire seule.
Le caractère compte pour beaucoup. Il faut poser des limites tout de suite et faire comprendre à tous qu’on est là pour travailler. En ce qui me concerne, je me suis toujours sentie à l’aise avec les hommes. En restauration, je travaillais avec des femmes et les cancans étaient très pénibles, incessants. Mais la restauration a eu l’avantage de m’endurcir, de me préparer à la gestion du stress, aux heures supplémentaires, cela m’a aidée à réussir l’alternance.

En effet, l’alternance demande beaucoup de courage, c’est un rythme difficile à tenir. Deux ans pour apprendre un métier, c’est intense. Il faut supporter la fatigue des heures supplémentaires, la lourdeur des études,... mentalement, ce n’est pas facile à gérer mais la volonté permet de réussir. J’ai donc donné beaucoup de moi-même. J’ai aussi été soutenue et aidé par des gens sans qui je ne serais jamais arrivée jusque là. Mme Mallorey m’a beaucoup soutenue, elle m’a aidée à trouver le stage et à négocier le contrat de qualification. Je dois beaucoup aussi aux gens qui m’ont accueillie au magasin et aux formateurs. A l’école, ce n’était pas facile, il fallait faire face à la quantité de travail et sans eux je n’aurais sans doute pas réussi à m’accrocher.

Aux filles intéressées par l’univers des voitures, la mécanique, la logistique, je dirais qu’il ne faut pas avoir peur. Si vous êtes motivées, il faut foncer. Le développement de la place des femmes dans ces métiers est tout à fait possible, il y a une réelle évolution des mentalités. Les gens n’opposent plus féminin et masculin, ils demandent seulement que vous leur prouviez ce dont vous êtes capables. De toutes façons, il ne faut pas non plus faire trop attention aux autres. Si vous le faites, vous le faites pour vous, pas pour les autres. Et sachez bien que dans tous les cas, ça ne se fait pas tout seul, il faudra beaucoup travailler. Mais galérer puis réussir, c’est un vrai mérite et ça donne confiance en soi !

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