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J’ai goûté à la citerne, je ne veux pas faire autre chose.

Valérie transporte, charge et décharge des produits pétroliers.
Je m’occupe de tout, dit-elle. Une personne contrôle mon travail à l’arrivée et au départ. On n’a pas le droit à l’erreur… c’est peu dire puisque déchargé, son camion vaut une grosse bonbonne de gaz.

Valérie décharge son camion citerne

Quand je croise un regard surpris, c’est par rapport au camion, à la conduite : Ah c’est vous qui conduisez ? Je trouve cela agréable, je me sens grande, je suis fière.
J’ai toujours été attiré par les camions, j’aime la solitude ; on est livrée à soi-même. C’est agréable, on va un jour ici, un jour là . Moi j’ai goûté à la citerne, je ne veux pas faire autre chose !

Dès le départ c’est ce que je voulais faire, depuis l’âge de 16 ans mais ma mère n’a pas voulu ; j’ai passé un BTS ?? et ouvert une société .. J’ai tout arrêté un jour de juillet et en septembre j’étais en formation à l’AFT. Depuis je suis toujours là ; ce n’est pas un métier, c’est une passion. Il faut dire que je vis avec un routier ; lui fait du bitume ! C’est aussi l’environnement familial, mes cousins sont routiers.

En tant que femme, je n’ai jamais eu de problème ou de difficultés. L’employeur m’a fait confiance. Delcroix c’est une bonne boite. J’avais des appréhensions, je vais être seule dans un milieu d’hommes.. et puis on est tous salarié-es, hommes et femmes on est tous à la même enseigne, pas de privilège et c’est très bien.

Comment réagissent les hommes autour d’elles ?
Les anciens, ont un petit de mal devant l’arrivée des femmes mais dans l’ensemble ça va. Il faut avoir du caractère, faire sa place au début ils testent. Bon je le dis, je le montre : je suis là, je sais faire et faire seule, je n’ai pas besoin d’aide ! Ce n’est plus aussi difficile qu’avant.
Le plus dur, quand on commence, ce sont les itinéraires, on ne connaît pas les clients, en arrivant on ne sait pas où se placer pour éviter les manoeuvres inutiles.
Et pour la mécanique ?
On est formé pour détecter les pannes. Si on peut s’arranger soi-même, on le fait. Je suis très manuelle. Sur la route, on en apprend tous les jours et avec l’expérience on y arrive. On essaye toujours de trouver des solutions. On ne change pas les roues, il n’y en a pas dans le camion, on appelle quelqu’un vient.
Nous faisons tout le suivi du camion : réglage et entretien .. il passe régulièrement au garage ; c’est à nous de surveiller les dates des dernières vidanges .. mais les mécanos sont là exprès pour réparer.

Mon métier, c’est vraiment ma passion.
Valérie travaille en postes : 4h-13h ou 13h-21h. J’ai 4 enfants et je mène de front ma vie de femme, ma vie de mère et ma vie professionnelle. Mon mari fait de l’international, il est parti toute la semaine. Je n’ai jamais manqué pour un enfant malade. Je gère, c’est de l’organisation. Et je ne confie pas mes enfants à n’importe qui : c’est mon père qui s’en occupe. Quand je suis du matin, ils vont dormir chez lui. C’est un choix. Je ne veux pas les mettre en internat.
Quand ils seront plus grands peut-être si j’ai la possibilité je ferai de l’international ?!

Après avoir vider sa citerne, Valérie ôte son bleu de travail et reprend le volant . En route pour un autre client. Mon métier, ma vie m’apportent ce qu’il me faut. Je n’ai jamais traîné des pieds. Je suis contente et fière de mon métier. Les enfants à l’école aussi en sont fiers ; ils voient que je suis bien.

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