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Technicienne d’exploitation au montage. C’est beau

Sur la route on voit des coys (bobines) je dis c’est moi qui ai fait cela ; je suis la première femme dans cette équipe.
Une rencontre avec Angélique.

Je suis de nouveau en formation. J’apprends à faire des montages de brames qui vont être laminées. Les montages se font en fonction de la nuance, de la taille, des clients. C’est un peu de la chimie.
Avant j’étais au fourneau. Ah le fourneau c’est très très impressionnant.
Je n’avais jamais pensé à cela avant. J’ai reçu un courrier de l’ANPE qui m’a proposé une formation CQPM CSPA conduite de système de production automatisée. Quand j’ai vu CSPA oh là là mais qu’est-ce que c’est que cela ?! je ne savais pas du tout. J’étais à l’ANPE depuis 2 mois 2 mois ½, j’avais pour objectif de faire une formation ; je me suis dit qu’est-ce que j’ai à perdre ?! On était 150 femmes à se présenter. Je me suis dit c’est pour moi ; ils en prenaient 12. Quelque part je suis une aventurière et j’aime apprendre de nouvelles choses, faire des choses qui ne sont pas communes. La façon dont les ACM ont présenté ce métier, j’ai trouvé cela très motivant. Je me suis dit je vais le faire et j’ai tout fait pour y arriver. Ça n’a pas été tous les jours faciles mais si c’était à refaire je referai mais 10 ans avant.
A la base, j’ai un bac pro bureautique comptabilité, je n’ai jamais travaillé là-dedans. J’ai travaillé en centre hospitalier et en restauration rapide. Je n’aurais jamais pensé aller en industrie, j’aurais dit que pour une femme ce n’était pas possible. Ca ne me serait jamais venu à l’esprit que les femmes pouvaient faire soudeur. Mais la formation n’était faite que pour les femmes et j’ai fait de la soudure, j’ai fait plein de choses.
J’ai fait mon stage pratique (200h) chez Arcelor j’étais en salle de contrôle mais aussi à la maintenance sur le terrain pour valider ; j’ai tourné sur les fourneaux avec l’électricien et le mécanicien. Ils étaient contents d’avoir une femme dans leur équipe.
Et leur façon de parler à changer. Ils faisaient attention à leur discussion. Ensemble on a parlé cuisine, enfants. Ils étaient eux-mêmes étonnés de changer sans le vouloir. Ça a mis une bonne ambiance.
Après j’ai fait un contrat pro pour un CQPM en électricité et automatisme pour plus de qualification. J’ai toujours besoin d’apprendre.
Dès le stage j’ai cherché à continuer plus loin. On était 5 femmes, une par équipe.
3 femmes ont été embauchées, 2 au fourneau, moi. Mon contrat finissait en Août et ensuite j’ai fait un contrat saisonnier et en octobre j’ai été embauchée en CDI. Alors là j’ai sorti le Champagne.
Aujourd’hui je suis technicienne d’exploitation au montage. C’est beau (elle rit)
Je crée les montages : à partir de rien, je fais des trucs énormes de 6000 tonnes. Avec les mêmes normes, on est 3 ou 4 personnes, on fait des montages différents ! C’est de la création et ça j’adore.
Mais moi je ne les vois pas les brames que je crée, je suis derrière mon ordinateur. Par contre à partir de lundi prochain, je vais au train (la machine qui lamine les brames). Je vais devoir mettre mon bleu de travail et aller sur le terrain ça aussi j’aime. On va m’expliquer le fonctionnement du train afin que je voie comment cela se passe et que je m’améliore dans le montage. C’est aussi important de voir les gens, de discuter avec eux.

Coup de chapeau des Elles

J’ai 30 ans et deux enfants. Les 3 x 8 ? Les horaires de jour ne m’intéressaient pas trop… et j’ai plus de temps avec les enfants. De nuit, ils ne savent même pas que je pars. Les feux continus ça me convient totalement. Mon mari, lui, est de jour. Il s’est toujours occupé des enfants.
Mon mari m’a dit de faire ce que je voulais faire. Même ma famille, mon père est fier, il est content : « ma fille travaille chez Arcelor ». Et surtout de voir comme je suis épanouie dans ce travail, avant c’était monotone (dans la restauration rapide). Je m’en suis sortie, je suis très très contente. J’espère évoluer ; ça c’est mon projet.

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