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FAURECIA : il faut faire évoluer les regards sur l’industrie

Le groupe FAURECIA qui rassemble 160 usines dans le monde pour plus de 60.000 collaborateurs est spécialisé dans l’équipement automobile. En 2002, le site d’Henin-Beaumont s’est engagé dans une démarche de mixité en recrutant des femmes comme ouvrières de production. Depuis, cette démarche a fait ses preuves et l’entreprise souhaite ouvrir d’autres métiers aux femmes. Mais celles-ci ne répondent pas toujours à l’appel...

Développer la place des femmes dans l’entreprise, c’était d’abord la volonté du service des Ressources Humaines et de son directeur, M. Guy Adams, convaincu que c’était là une source de progrès. En partenariat avec la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité, dix femmes ont été intégrées en contrat de qualification d’équipementier en 2002. Malheureusement, une seule a été embauchée définitivement, principalement à cause d’un changement de conjoncture économique. Sur les six qui ont signé un contrat d’un an après leur contrat de qualification, quatre ont finalement abandonné. Deux d’entre elles notamment ne parvenaient pas à concilier le travail avec leur vie de famille.

La mixité facteur d’émulation

Pendant toute l’opération, la gestion du groupe n’a pas toujours été facile. Aujourd’hui, Faurecia s’est engagée avec Vedior Bis sur des recrutements de caristes conducteurs de trains en groupes mixtes. La mixité des groupes de formation a vraisemblablement aidé les femmes à vaincre les difficultés. L’esprit de compétition a notamment joué : les hommes ne voulaient pas faire pâle figure devant les femmes et ces dernières voulaient quant à elles leur prouver qu’elles étaient tout à fait capables de réussir.

La contrainte physique surpassée

Ces femmes qui n’étaient pas caristes mais avaient pour beaucoup déjà une expérience en usine travaillent depuis trois mois dans l’entreprise. Leur travail est très physique, elles portent, chargent, déchargent, travaillent dans le froid, parfois dans la neige mais toutes ont réussi à surmonter la contrainte physique. Elles ont été tout spécialement formées aux gestes et postures ce qui fait partie de la démarche de Faurecia en matière d’ergonomie. Un travail est également mené sur l’hygiène et la sécurité qui pourrait peut-être inciter à l’avenir plus de femmes à se positionner sur les métiers industriels. Cependant, il reste quelques postes très contraignants physiquement où l’entreprise exclut d’employer des femmes.

Le travail a gagné en qualité

"Le travail des femmes aux postes de production est au moins identique à celui des hommes. Il est même plutôt meilleur, explique Madame Wattez, responsable de formation. Sur les lignes de production, nous mettons les femmes aux postes d’assemblage qui nécessitent de la dextérité, de la minutie. En contrôle qualité, les femmes repèrent mieux les petits défauts. Chez les caristes, leur conduite est plus souple, moins rapide mais plus sûre. Elles font beaucoup plus attention à la sécurité."

En ce qui concerne l’atmosphère des ateliers, les choses se sont "plutôt bien passées" malgré les préjugés de certains. La mixité a renouvelé la motivation des ouvriers. Les hommes font plus attention à ce qu’ils font et les femmes cherchent à se surpasser. "C’est un facteur de progrès, nous en sommes convaincus, résume Mme Wattez et chaque CV de femme qui nous parvient est aujourd’hui examiné avec le plus grand intérêt."

Comment faire pour aller plus loin...

La place des femmes dans l’entreprise est encore très minoritaire. Si elles sont assez nombreuses dans les services ingénierie où elles sont dix aujourd’hui contre deux seulement il y a cinq ans, elles ne représentent que 10 % du personnel de production. A terme, Faurecia voudrait recruter plus de femmes caristes, des superviseuses car "le management féminin a fait ses preuves" et du personnel de maintenance mais les candidates sont rares. "Chaque année, nous participons à l’opération Bravo l’industrie en partenariat avec l’UIMM. Dans les classes de quatrième, toutes les filles ou presque veulent être secrétaire, esthéticienne ou couturière. Leurs choix sont très arrêtés. Nous leur faisons découvrir les métiers de la logistique, de la qualité, de la peinture ... mais il faudrait également sensibiliser les familles qui ne conçoivent pas que leur fille s’engage dans un "métier de garçon". Les CIO commencent à évoluer mais malheureusement ils ne poussaient pas dans ce sens il y a quelques années. Il y a encore un gros travail pour faire évoluer les représentations professionnelles et améliorer les dispositifs d’orientation."

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