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Conduire des poids lourds et super lourds, c’était mon rêve...

J’ai toujours rêvé d’être « chauffeur routier ». Mes parents voulaient pour moi un parcours plus féminin. Alors, j’ai passé un BEP sanitaire et social...

Quelques années après je suis devenue Aide Médico Psychologique, après une formation à l’IRTS. Mais je n’arrivais pas à trouver un emploi régulier à temps complet. Après 10 ans de petits contrats dans le social, j’en ai eu marre. J’avais 35 ans et je voulais devenir conductrice routière.
Je me suis renseignée et la femme qui me suivait à l’Anpe m’a conseillée. J’ai passé des tests à l’Afpa de Cambrai puis j’ai fait la formation de conductrice routière à Cantin. J’étais la seule femme et je suis sortie 1ère de ma promotion après 4 mois de stage. J’ai passé les permis B, C et super lourds. C’était en novembre 2000 et Janvier 2002.

Comment s’est dérouleé votre formation ?
Très bonne ambiance ! Je suis une battante et j’étais très motivée. Les stagiaires -que des hommes- ont bien essayé de me tester au début mais je sais mettre les limites et quand ils ont vu que j’étais capable de me débrouiller toute seule ils m’ont laissée tranquille. Pendant la formation, j’ai été élue déléguée du groupe et les formateurs n’hésitaient pas à me solliciter pour les seconder sur les manœuvres à faire.

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Valérie pose devant son camion

Que s’est- il passé pour vous à l’issue de la formation ?
J’ai rencontré quelques femmes conductrices de bus mais encore jamais une conductrice de poids lourds et super poids lourds. Il m’a fallu beaucoup de recherches et j’ai dû convaincre les employeurs pour réaliser des essais. Le plus dur c’est de faire un essai après ça va tout seul ! Ils font confiance. J’étais inscrite en intérim. D’abord, j’acceptais tous les contrats, même pour un trajet ou une journée puis la durée a augmenté. Aujourd’hui, j’ai 14 mois d’expérience et mon contrat le plus long est de 4 mois. Les employeurs apprécient le fait que j’ai une conduite très souple. Je suis ponctuelle et sérieuse, c’est très apprécié dans le métier. J’ai eu plusieurs fois des propositions de contrat à durée indéterminée mais pour l’instant je préfère l’intérim. C’est plus intéressant financièrement et ça me laisse du temps pour continuer à me former. Je paye moi-même mes formations. J’ai passé le permis cariste et les 3ème et 5ème catégories pour élargir mes compétences.

Y-a-t-il des difficultés pour une femme à exercer ce métier ?
Pour moi, pas vraiment. Les employeurs hésitent souvent à cause de la manutention et c’est vrai que ce n’est pas ce que je préfère mais je le fais parce ça fait partie du métier. Depuis que j’ai passé mon permis de cariste, c’est plus facile. Il faut être disponible et s’organiser pour les horaires. Je fais des déplacements régionaux et sur la Belgique. Parfois, je roule 13 heures dans une journée. J’aime ça.

Avez-vous des perspectives d’évolution ?
Actuellement, je passe les tests de sécurité routière pour me former comme conductrice d’auto-école. Dans quelques années, j’aimerais être formatrice en conduite poids lourds et super lourds. J’ai déjà des propositions sérieuses.

Valérie, Avesnes les Aubert. Mars 2003

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