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Je voudrais revaloriser ce métier...

On rencontre peu de femmes dans les services funéraires. Au fil du temps, la mort s’est éloignée de la maison, elle est aujourd’hui de plus en plus médicalisée et prise en charge par les professionnel-les.
Dans ce mouvement, les femmes qui, depuis des siècles, étaient associées à l’accompagnement du mourant, ont été éloignées de l’exercice de ces métiers. Ainsi 90 % des 700 thanatopracteurs qui exercent aujourd’hui en France sont des hommes, alors qu’hier ce travail était accompli par les toiletteuses ?

Est-ce ainsi pour tous les corps de métiers du monde funéraire ? Difficile de répondre à cette question. En tous cas, dans notre région, quelques femmes dirigent des crématoriums, (notamment ceux de Wattrelos, de Vendun le Vieil, d’Herlies).
Pour notre part, nous avons rencontré sur le Béthunois, Joëlle LORENC, directrice du crématorium du SIVOM de la communauté du Béthunois.

Comment avez-vous été amenée à occuper cette fonction et ce poste. « Je me destinais à l’enseignement ; j’ai obtenu mon diplôme en Belgique, là où je vivais alors. Quand je suis arrivée en France, je n’ai pas réussi à obtenir une équivalence, aussi j’ai d’abord travaillé en tant que formatrice dans les dispositifs de lutte contre l’illettrisme. Mme Lorenc dans son bureau Un jour, par hasard j’ai répondu à une annonce publiée par un « chasseur de tête" ; il recherchait un agent ou une agente technique pour travailler en crématorium. Le profil de poste était largement défini autour des aspects relationnels du métier. Dans ce sens, cela m’a intéressée. La procédure de recrutement a été longue, j’ai d’abord été admise en tant qu’agente technique de la fonction territoriale. Le poste de responsable où je travaillais étant vacant, j’ai suivi une habilitation funéraire qui m’a permis d’accéder au poste de directrice et ainsi d’être promue. Pour envisager exercer un tel métier, il faut d’abord dépasser l’image stéréotypée qui en est communément véhiculée. C’est un métier particulièrement auréolé de mystères malsains et morbides. Il faut aussi dépasser le stéréotype qui associe celui ou celle qui travaille autour de la mort avec celui ou celle qui l’amène...
J’étais prête à travailler dans l’assistance à personne en détresse mais je voulais voir si j’étais en mesure d’accepter le reste... la technique de la crémation. Je me savais vite émotionnellement touchée ».

Comment occupez-vous votre métier et le vivez-vous sachant que « croque-mort » comme « éboueur » sont les métiers les plus mal aimés des français-es ?
« D’abord en l’exerçant dans la plus grande transparence et en développant le côté relationnel qui m’a amenée dans ce milieu professionnel. Les familles sont de plus en plus exigeantes ; elles nous demandent beaucoup d’humanité et c’est compréhensible. Nous prenons beaucoup de temps pour l’accueil, l’écoute et l’accompagnement psychologique des familles ; on nous demande la perfection nous sommes très exigeants quant à notre gestuelle, nos déplacements et nos paroles. C’est un métier qui demande une forte implication de soi.
Ensuite en essayant de réhabiliter l’image de ce métier et en tentant de le faire évoluer : avec d’autres femmes et notamment Anne Sophie Flageolet qui exerce en tant thanatopractrice dans la région d’Angers, mais aussi Francine Desmaret qui dirige les crématoriums de Wattrelos et d’Herlies, j’essaie d’aller plus loin dans l’exercice de ma profession, d’échanger pour ouvrir de nouveaux horizons.
Enfin en en parlant autour de moi, il faut « lever le tabou » expliquer nos façons de faire, la technicité employée ».

Comment cela se passe-t-il avec la clientèle et avec les autres professionnel-les ?
« Les visages des clients et des clientes en disent souvent long sur ce qu’ils ou elles pensent. Dans l’imaginaire collectif, les femmes dans le funéraire ont une place de fleuriste ou de secrétaire... Aussi, quand j’endosse le rôle de maître de cérémonie, les familles m’ignorent et s’adressent à mes collègues. Elles sont plus surprises et ennuyées que moi quand je me dirige vers elles pour les accompagner.
Vis à vis de mes collègues hommes, en tant que directrice je suis leur supérieure hiérarchique, il a fallu que je m’impose, que je montre ce dont je suis capable et ce que je sais, notamment sur le plan réglementaire et juridique. Mon souci, en tant que directrice, est que les questions éthiques soient traitées et respectées par tous et pour le bien de tous ; qu’aucun d’entre nous ne s’enfonce dans la routine.
Dans le monde privé des pompes funèbres, les femmes sont présentes très souvent en tant que « fille de » ou « femme de » ... L’entreprise se transmet aux femmes faute d’héritier. Ce n’est pas un monde facile, souvent elles se forgent une carapace et se durcissent. Elles ont peur d’être mises à l’écart aussi adoptent-elles l’attitude de l’entrepreneur de pompes funèbres ; elles s’imprègnent de cette même culture qui les met à l’écart.
Pourquoi ne pas créer un réseau de femmes dans cette profession, se serrer les coudes ? Les hommes pratiquent cela au quotidien depuis tout le temps cela ne leur pose pas de problème ! »

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Forum

  • felicitation pour votre courage madame je souherais moi aussi me diriger vers cette profession mais les portes se ferment regulirement je suis actuellement auxiliaire de vie pour personnes agees et j aimerais pouvoir me former pour etre agent d excution pourriez vous m indiquez le parcourt a suivre

    Voir en ligne : felicitation

 

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