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On est tous soudé !

Sylvie a travaillé 18 ans comme agente de contrôle qualité dans l’entreprise Levis Strauss de la Bassée. En 1999, elle est licenciée. Pendant 6 mois, elle participe à un atelier d’écriture où le projet d’un livre puis d’un scénario de théâtre, portant sur l’histoire des salariées de Levis, verra le jour. Au cours de cette période, elle trouve l’énergie de faire face. Sa priorité absolue est de retrouver un poste à temps complet.
Elle prend contact avec Cap Entreprise (antenne de La mission locale des Weppes) qui propose aux personnes volontaires une mise en relation directe avec les entreprises. Elle travaille aujourd’hui à la MCL de Wavrin . Entreprise de 12 salariés, MCL fabrique et commercialise du matériel avicole et de chasse ; par tradition, MCL emploie un personnel composé d’hommes aux postes de soudure, menuiserie et sertissage de grillage. L’intégration de Sylvie a apporté des modifications positives dans l’organisation du travail.

Sylvie, outil à la main, fabrique un piègePourriez-vous me parler de votre parcours professionnel ?
Issue d’une famille de cinq frères et sœurs, j’ai arrêté ma scolarité en cours de BEP comptabilité, à 17 ans. A la Bassée, j’avais la chance de connaître une personne travaillant aux ressources humaines de l’entreprise Levis. Je suis rentrée tout de suite. Ils m’ont proposé un emploi de visiteuse puis je suis passée agente de contrôle poches dos. J’y suis restée pendant 18 ans ! Parfois, je remplaçais les collègues en atelier de confection. Je me suis habituée à utiliser les machines ! Après mon licenciement, je souhaitais surtout retrouver un travail à temps plein et j’en parlais autour de moi. C’est ainsi que j’ai contacté CAP Entreprise. Ils m’ont bien aidée. C’est eux qui m’ont proposé cet emploi à la MCL. Ils ont négocié avec l’entreprise, j’ai eu un entretien et je suis embauchée depuis 18 mois.

En quoi consiste votre travail ?
Ici, c’est une petite entreprise. On est tous soudé. Il y a trois ateliers : quatre hommes à la soudure, un homme à la menuiserie et à la peinture, deux hommes et moi-même au grillage. Chaque semaine, le patron nous remet un planning de commandes et on s’organise entre nous comme on l’entend pour respecter le planning. A l’atelier grillage, je fabrique des collets et des lacets. Chaque câble est coupé à la main et ensuite serti avec un double émerillon.
« Tenez ...essayez ! ! ! » un collègue m’a testée de cette façon. « Tenez ...essayez ! ! ! », ce n’est pas facile, mais au bout de quelques jours, la main s’habitue. Pour ce qui est du grillage, j’assemble les cages avec une agrafeuse pneumatique.
J’aime ce travail. Je dois respecter des consignes de production et parfois il y a « des coups de bourre » mais on s’entraide bien mes collègues et moi et il y a une excellente ambiance.

Vous travaillez uniquement avec des hommes et vous êtes la première femme à occuper ce poste dans l’entreprise...comment s’est passé votre intégration au sein de l’équipe ?
Plutôt bien. Je fais exactement le même travail que mes collègues et je pense être bien intégrée à l’équipe. Dès le départ, j’étais là pour effectuer les mêmes tâches qu’eux et collaborer ; c’est ce que je fais et ils me traitent comme une collègue à part entière. Les premiers jours, j’ai senti une légère appréhension mais aujourd’hui mon collègue Gilbert ici présent peut témoigner : c’est mieux qu’avant. Il y a une meilleure ambiance, une plus grande communication et le travail est fait avec soin et qualité, en temps voulu.

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