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Elle aime faire les armoires .. électriques

Plus jeune, je voulais être coiffeuse mais il fallait aller à Calais. Divers événements ont fait que ma sœur et moi sommes allées au lycée en pension à Saint Omer. Moi, je me suis retrouvée en BEP compta. Ca ne me plaisait pas, j’ai toujours eu un côté manuel. La compta, je sentais bien que ce n’était pas mon truc. J’ai arrêté à 18 ans. Et puisque je n’aimais pas l’école, il fallait travailler. Je me suis présentée en lingerie, pas très loin de chez moi, j’y suis restée 2 ans. Puis, j’ai enchaîné. Pendant 14 ans, j’ai fait plein de petits boulots : emballage, manutention, préparation de commandes, un peu de vente, de compta... Sauf pendant mes grossesses, je n’ai jamais arrêté de travailler, j’avais toujours des propositions mais ça restait des « petits boulots ». Ce qui bloquait le plus, c’était : « pas de diplôme ! »...

Chantal devant une armoire électriqueA 32 ans, j’ai essayé de reprendre et de préparer un bac compta au Greta. C’était « trop scolaire » : j’ai arrêté. J’ai repris le travail et au moment où j’attendais mon quatrième enfant, j’ai pris un congé parental de 3 ans, jusqu’en 2000. Après ça, j’ai recommencé en intérim : préparation de commandes, vente et même restauration !
En juillet 2002, j’ai lu dans la presse qu’une journée « portes ouvertes » pour les femmes était organisée à l’Afpa d’Hazebrouck. Ca m’a intéressée...

Pourriez-vous nous dire ce qui s’est passé pendant cette journée. Qu’est-ce-qui a déclenché l’envie de vous qualifier en électricité ?
C’est difficile dire. D’abord, il y a eu des informations sur les métiers industriels, d’autres femmes ont témoigné. J’ai discuté avec elles. Nous avons visité les locaux. Tout ça m’a plu... Pourquoi j’ai choisi l’électricité ? Je ne sais pas vraiment...
Avant même de venir à cette journée, ça m’intéressait de travailler dans les armoires électriques. En intérim, j’ai travaillé souvent en milieu industriel et je voyais les autres postes. Mon mari travaille comme chef d’équipe BTP, il est souvent en déplacement et j’ai l’habitude de me débrouiller seule pour tout ce qui est du bricolage à la maison. Cela ne me gêne pas, j’aime bien me débrouiller seule. Petite, j’étais plus souvent avec mon père...à bricoler alors que ma sœur était avec ma mère à l’aider à la maison et au magasin. Ca me semblait « naturel », j’avais l’esprit plus technique dès le départ. Et puis, dans l’électricité, il y a un côté minutieux, le travail sur des petits élèments ; il faut être ordonnée, autonome. Je suis plutôt indépendante et j’aime la variété dans le travail : l’électricité offre des débouchés très variés et il y a beaucoup d’annonces en agence intérim (je préfère l’intérim : plus de liberté, plus de polyvalence, ça bouge !!).

Jusqu’à présent, vous étiez « fâchée » avec les apprentissages scolaires. J’imagine que cela n’a pas dû être facile de reprendre une formation ?
Les premières semaines, c’était vraiment difficile. Beaucoup de théorie, de maths, des formules à apprendre...il fallait se remettre dans le bain ! Mais je sais ce que je veux . J’ai choisi de m’investir dans cette formation de septembre 2002 à mai 2003. Et puis ça veut dire aussi moins d’argent car lorsque je travaille, ça me rapporte le double. Pour la garde des enfants, j’ai l’habitude de m’organiser très rapidement entre les missions intérim et le fait que mon conjoint ne peut être présent pour m’aider.

Comment se passe votre formation ?
Nous sommes 7, je suis la seule femme et ça se passe très bien. Nous apprenons les bases du métier : Le câblage électrique (armoires, rampes, plinthes, dépannage de moteurs...), le montage électrique sur machines, le dépannage électrique et nous faisons une semaine de découverte dans chacun des milieux professionnels dans lesquels on peut être amené à travailler : mécanique, productique, hydraulique, pneumatique. Il va y avoir 4 semaines en entreprise et je suis habilitable pour intervenir sur réseau Basse Tension en entreprise.
Je cible l’industrie, plutôt le câblage d’armoires en atelier. J’ai déjà contacté 3 entreprises.

Comment voyez-vous les choses après le stage ?
Je travaille régulièrement pour 4 agences d’intérim. Elles me connaissent ; j’ai déjà des propositions. Ce qui m’intéresse, c’est de continuer en intérim, de varier mes missions et d’acquérir ainsi une grande polyvalence en électricité industrielle et pourquoi pas un jour être cheffe de chantier ou d’équipe.

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