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  Précarité

Femmes et précarités d’emploi dans le Nord Pas-de-Calais

Des travaux récents tant en économie qu’en sociologie convergent sur l’existence de facteurs d’inégalités entre hommes et femmes, aggravant pour ces dernières les risques de précarité et débouchant dans certains cas sur des situations de pauvreté durable.

L’évolution des structures familiales, la montée du chômage et les transformations du marché du travail ont accru les probabilités de ruptures dans les trajectoires des femmes, et ont des conséquences lourdes au-delà de la vie économique : isolement social, santé physique et psychique, éducation, logement. Les difficultés d’accès ou de retour sur le marché du travail, la mauvaise qualité des emplois offerts et les bas niveaux de rémunérations sont au cœur des nouvelles formes de précarité qui se développent pour les femmes.

Quand ces situations perdurent, les risques d’enfermement dans la précarité se multiplient : revenus monétaires très insuffisants ou même absents, impossibilité d’accéder aux ressources et aux droits permettant de vivre décemment.

Le rapport ministériel de F. Milewski du 3 mars 2005 pointait le lien entre les inégalités récurrentes à l’égard des femmes et le renforcement de la précarité et de la pauvreté. Ces travaux doivent s’enrichir pour mieux cerner les contours de ces évolutions, notamment sur le plan régional. Cela semble d’autant plus urgent que les politiques européenne et nationale de l’emploi misent sur l’augmentation du taux d’emploi des femmes.

C’est dans ce contexte que nous avons réalisé une étude dans le cadre du programme Egalité des Chances 2006 du Contrat de Plan Etat Région. Elle avait pour objectifs de connaître et de mieux appréhender les situations de précarité des femmes dans le Nord Pas-de-Calais afin d’envisager des moyens d’interventions (notamment d’ordre pédagogique) en faveur d’une amélioration de leurs conditions de vie et d’emploi, indispensable à l’avancée vers plus d’égalité professionnelle.

Nous avons donc :

1- Dressé un état du savoir : ce qui a déjà été dit et fait sur la question, comment poser la problématique dans notre région.

2- Mis en œuvre un travail de recueil de données statistiques et initié un panorama régional.
Nous avons notamment retenu comme indicateurs de situation de pauvreté les types et montants de revenu : salaires, allocations et comme indicateurs de situation de précarité : la (dis)continuité des trajectoires professionnelles, la durée d’occupation du marché du travail, du chômage, les conditions d’emploi (durée du travail, secteur professionnel, etc..), les statuts d’emplois (type de contrats), etc.
Nous avons tenté de croiser ces données avec des éléments de parcours personnels (scolarité, situation de famille, etc.), de parcours professionnel ou encore de situations économique, géographique (bassin d’emploi, zone urbaine ou rurale, etc.). Pour ce faire nous avons rencontré les personnes ressources du territoire qui produisent ces données et les analysent : CEREQ, INSEE, membres de l’OREF, CAF, Assedic, ANPE : qu’est-ce qui est disponible ? Comment questionner les données ? Comment en produire de nouvelles ?

3- Recueilli des témoignages sur les perceptions des situations de précarité et pauvreté.

3.1- La parole des femmes
Au-delà du recueil de données chiffrées, il nous a semblé pertinent de s’intéresser au parcours de vie de ceux/celles désignées pauvres ou précaires.
Comment nomment-ils/elles leur vécu ? De quelles difficultés s’ouvrent-ils/elles ? Quels moyens ont-ils/elles ou mettent-ils/elles en place pour dépasser/faire face à leur situation ?

Pour recueillir de tels propos, nous avons réalisé une quinzaine d’entretiens individuels et collectifs. Nous avons constitué notre échantillon en sélectionnant les interviewées parmi des profils choisis par les travailleurs/ses sociaux, professionnel-les de l’insertion engagées dans notre enquête.
Nous avons veillé à poser les problèmes en fonction de différents types de profils, notamment jeunes/adultes, citadines/rurales, diplômées/non diplômées, et aussi à diversifier le profil des interviewées.

3.2- Les représentations sociales des professionnel-les de l’insertion (ici entendu au sens large)
Quelles connaissances ont-ils/elles des phénomènes étudiés ? Quelles représentations véhiculent-ils/elles des publics qu’ils accompagnent ?

Nous avons réalisé une dizaine d’entretiens individuels et/ou collectifs qui nous ont permis :

- d’avancer sur la connaissance des phénomènes. Quel regard est porté sur les personnes, les femmes en précarité et/ou pauvreté ? Quels problèmes sont évoqués ?

- d’appréhender les réponses données au quotidien sur le terrain. Qu’est-ce qui est fait pour prendre en charge les situations de pauvreté et de précarité ? Quel degré de satisfaction donnent les réponses apportées ? Qu’est-ce qui s’exprime en termes de manques, d’obstacles ?

- d’interroger, de revisiter et d’analyser les représentations sociales sur ces phénomènes (telles les représentations qui considèrent le travail, le salaire et la carrière des femmes somme contingents), éventuellement leurs impacts.

4- Elaboré des pistes de travail

Nous remercions ici toutes les personnes que nous avons rencontrées et qui nous ont permis de réaliser cette étude : les femmes et les professionnel-les qui ont témoigné et dont nous avons conservé l’anonymat, les structures qui nous ont accueillies : notamment le CEREQ, l’INSEE, l’OREF, la CAF, l’ANPE, l’animation Régionale des Missions Locales, l’inspection du Travail de la DRTEFP, la CFDT, la CGT, ACID, l’ABDPS, le CAPEP d’Anzin, l’Association Bartholomé Mazurel, le CCAS de Oignies, SAFIA, l’Association Louise Michel, Culture et Liberté Nord, Carembault formation,initiatives Plurielles.

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